D’origine écossaise, Joseph Morrin est médecin de formation. Son parcours le mène aux postes de médecin à l’Hôtel-Dieu, de commissaire du Bureau de santé de Québec, de président des commissaires de l’Hôpital de la Marine et des émigrés et de directeur de l’Asile de Beauport. Il participe à la fondation de la Société médicale de Québec en 1826, de l’Hôpital de la Marine en 1834 et du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada en 1847.
Son dévouement pour la population le dirige vers la politique municipale. Il est juge de paix de 1836 à 1840. Par la suite, il est échevin du quartier du Palais pendant deux ans, puis réélu à ce poste en 1850. Cinq ans plus tard, le conseil de ville le choisit comme maire pour une période d’un an. En 1857, à la suite d’une réforme électorale, il est le premier maire élu directement par la population.
Les interventions de l’administration municipale sous le maire Morrin sont axées sur la modernisation et le bon développement de Québec : l’acquisition des berges de la rivière Saint-Charles, la fondation de la Cour du recorder, la construction de la halle Jacques-Cartier, l’élargissement de la rue Saint-Jean, l’amélioration de l’éclairage ainsi qu’une réorganisation du Département de police, y compris l’installation de postes permanents dans les quartiers et l’augmentation des effectifs. Il a l’honneur de présider les festivités marquant l’arrivée de La Capricieuse, premier navire français accostant au Canada depuis la Conquête.
Visionnaire, Morrin prône l’annexion des villages et banlieues de Québec pour permettre un développement urbain harmonieux, et ce, cinquante ans avant l’annexion des quartiers centraux actuels et cent cinquante ans avant les fusions municipales. À sa mort, il lègue les fonds qui permettront d’ouvrir le Morrin College, premier établissement d’enseignement supérieur de langue anglaise à Québec. Son nom est encore aujourd’hui associé au Morrin Centre, qui abrite la Literary and Historical Society of Quebec.
Jérôme Bégin