Le Parlement en grève
30 septembre 1836
En 1836, la Chambre d’assemblée du Bas-Canada attend depuis deux ans une réponse du gouvernement britannique à ses volontés de réforme constitutionnelle. En février 1834, le Parlement avait réuni dans les 92 résolutions son programme pour offrir à la colonie des institutions plus démocratiques et, notamment, une Chambre haute élective. En novembre de la même année, les élections générales avaient été un triomphe pour Louis-Joseph Papineau et son Parti patriote.
Londres avait alors rappelé le gouverneur Aylmer, peu apprécié, et avait délégué à sa place Archibald Acheson, 2e comte de Gosford, avec pour mission de calmer les esprits et de faire des recommandations sur la situation. L’espoir suscité par un gouverneur diplomate et sympathique aux Canadiens dura peu, lorsque Papineau découvrit que le mandat de ce dernier ne visait qu’à maintenir le statu quo. Pour forcer le jeu, la majorité patriote avertit le gouverneur que la Chambre pourrait boycotter les travaux parlementaires.
La session est convoquée à l’automne de 1836, et la crise politique atteint un sommet. Le gouverneur tente en vain de se concilier une majorité des députés. À la séance du 30 septembre 1836, la Chambre informe le gouverneur et son exécutif qu’elle refusera de procéder au travail législatif tant que le gouvernement impérial n’aura pas répondu favorablement aux demandes légitimes des Canadiens. C’est la grève parlementaire. Le gouverneur doit à regret proroger la session le 4 octobre.
L’année suivante, Londres refuse catégoriquement les réformes. Dès lors, l’engrenage de la révolte est en marche. Une dernière session de rupture a lieu à l’été de 1837 et on appelle à l’insurrection l’automne suivant.
Gilles Gallichan
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