Vous les connaissez tous ces escaliers ?
Je vous avouerai que moi non plus je
ne les connaissais pas tous.
C'est à découvrir en cette année
du 400e
Dans la suite: je connais ma ville. J'avais déjà présenté une
couple d'escaliers qui mènent de la Basse Ville à la
Haute Ville. Mais il me semblait qu'il y en avait une foule d'autres:
je viens d'apprendre qu'il y en a près de 30! Wah! Méchant
travail. J'ai donc entrepris d'en photographier un certain nombre,
pas tous, mais assez pour exercer mon cardio et le vôtre. J'ai
laissé ma voiture sur Marie de l'Incarnation, en bas de la
Pente Douce, e t j'ai marché jusqu'au Vieux Port. Une longue
marche. Une marche de fou. Et j'ai pitonné, comme un fou évidemment:
130 photos, pas toutes des escaliers mais d'autres choses aussi que
je re-sortirai à l'occasion. t. Donc des escaliers : une dizaine
environ. Ce n'est pas de la photo d'art; c'est plutôt de la
photo de 'repérage'. Je vous les présente comme documents
d'appui pour ce texte de Francis Vachon. note: surveillez les
chiffres (1...) de renvoi à la photo qui suit le texte . Trente
escaliers racontent l'histoire de Québec Par Francis
Vachon On compte près de 30 escaliers qui relient la basse
ville à la haute ville de Québec et vice versa. La
ville en répertoriait déjà 28 en 1986. Une vingtaine
d'entre eux ont été baptisés officiellement
par la Commission de toponymie et portent pour la plupart des noms évocateurs.
Tous sont des témoins souvent privilégiés de
l'histoire locale. Et plusieurs peuvent être vus comme des
beaux objets du patrimoine bâti. Yves Beauregard est directeur
de la revue Cap-aux-Diamants. Il regarde la ville, ses meubles et
ses habitants avec des yeux d'historien. Il dit en entrevue : 'Québec
n'est pas Québec sans ses côtes et ses escaliers.' Et
il ajoute : 'Les escaliers de Québec représentent l'un
des plus beaux exemples de l'adaptation de l'Homo Quebecensis à son
milieu.'
On ne peut pas prétendre bien connaître
cette ville et ses habitants si on n'a pas emprunté au moins une fois
dans sa vie, en descendant ou en montant, la plupart de ses escaliers. Parce
que chacun d'eux a une personnalité propre, une clientèle particulière
et une petite histoire originale. Québec est une ville qui se marche à pied
sec. Le nombre d'escaliers en est la preuve évidente. Cette ville cache
des secrets. C'est par ses escaliers qu'on peut les découvrir. A lui
seul, l'architecte et ingénieur Charles Baillairgé (1836-1906)
a signé les plans d'une dizaine des escaliers les plus pittoresques de
Québec.
Le plus vieux et le plus jeune
Curiosité de l'histoire locale qui n'en manque pas, le plus vieil escalier
de Québec se trouve à quelques pas du plus jeune. Le premier, l'escalier
Casse-Cou (1) , conduit de la côte de la Montagne à la rue du Petit-Champlain.
Il a presque l'âge de la ville. En effet, il apparaît sur un plan
de 1660. Le fondateur a très certainement emprunté ce qui était à l'origine
un sentier naturel qui conduisait à l'Abitation de Champlain. L'architecte
et ingénieur Charles Baillairgé l'avait restauré en 1889.
Il a été rénové au moins deux fois depuis. Ce sont
les gens du quartier qui lui ont trouvé ce nom qui lui va si bien quand
on constate la raideur de la pente à monter ou à descendre.
Le passage du Roi , (2) un peu plus bas dans la côte de la Montagne, date
de quelques années à peine. Il traverse à ciel ouvert les
maisons Hazeur et Smith et fait partie du tout nouveau Centre
d'interprétation de Place-Royale. Il pénètre dans les entrailles
de la plus vieille place publique de Québec et permet une lecture de l'histoire
locale à travers son architecture et ses objets domestiques. C'est l'escalier
le plus didactique de Québec, selon l'expression d'Yves Beauregard.
Le plus long et le plus court
Le plus long en nombre de marches est sûrement l'escalier du Cap-Blanc
(3) qui relie, 398 marches plus haut, le quartier si typique du même nom
aux plaines d'Abraham. Il a été construit en 1868, toujours en
bois et toujours épuisant. Il permettait à la population ouvrière
du Cap-Blanc d'aller travailler à pied aux usines de munitions des Cove
Fields, dont la Long Rifle, qui ont longtemps occupé une partie des Plaines.
Situé dans une pente propice aux éboulis, il a été reconstruit
plusieurs fois, dont, en 1894, selon les plans de Charles Baillairgé.
Une centaine d'années plus tard, on refera l'escalier en aménageant
des paliers pour le repos des grimpeurs. Aujourd'hui, les meilleurs clients de
cet escalier pas comme les autres sont les joggeurs et autres champions de la
forme physique qui vont y tester l'état de leur cardiovasculaire.
Le plus court est probablement l'escalier du Quai-du-Roi (4) (30 marches anti-dérapantes été comme
hiver) à la limite est de la rue du Petit-Champlain. Dans son indispensable
guide du Vieux-Québec, publié chez Septentrion, Jean-Marie Lebel
décrit ainsi cet escalier et son voisin jumeau, l'escalier du Cul-de-Sac
: 'Deux sombres et pittoresques petits escaliers, insérés entre
les vieilles maisons, permettent aux passants de descendre de la rue du Petit-Champlain
au boulevard Champlain.' Ces deux escaliers de fer ont été refaits à la
fin du XIXe siècle. L'historien pense au roman Quai des brumes, de Pierre
Mac Orlan, chaque fois qu'il descend ces marches qui mènent au bateau
de la Traverse.
Le plus bel escalier
Quel est le plus bel escalier de Québec ? Bonne question. C'est selon.
Selon que l'on attache le plus d'importance à l'esthétique, à l'histoire
ou à la situation géographique dans la ville.
Je connais des vieux Québécois enracinés et amoureux de
leur ville qui ne jurent que par l'escalier Lépine (5) . Pourquoi ? Parce
que cet escalier qui relie la côte d'Abraham au quartier Saint-Roch est
signé. Il rappelle, à ses pieds, à l'aide d'une arche en
fer forgé finement travaillée, le nom du grand Charles Baillairgé,
son architecte. L'escalier porte aussi les noms du maire Langelier et des principaux
conseillers municipaux de l'époque. Ces mêmes vieux Québécois
disent qu'en descendant l'escalier qui porte le nom de l'entrepreneur de pompes
funèbres voisin, on pouvait, à l'époque, assister certains
beaux jours d'été, au spectacle insolite du lavage, à grande
eau et en plein air, des morts les plus récents. Mais il s'agit sûrement
de fabulation ou d'une légende urbaine.
Pour Yves Beauregard, le plus bel escalier est l'escalier du Faubourg , (6) appelé aussi,
un temps, par les gens du quartier, l'escalier Sainte-Claire ou l'escalier du
SOLEIL. Restauré tout récemment, ce bel escalier de fer est aux
yeux de l'historien de Cap-aux-Diamants, 'le plus gracieux, le plus aérien'.
Il a aussi l'avantage d'offrir l'un des plus beaux points de vue de Québec
et d'être le témoin privilégié de la renaissance du
quartier Saint-Roch.
L'incontournable journaliste Monique Duval nous apprend aussi que c'est le maire
S.-N. Parent qui, en 1888, a demandé à Charles Baillairgé,
toujours lui, de dessiner les plans d'un escalier de fer pour remplacer l'escalier
en bois désuet. A l'époque l'escalier de 98 marches, sur trois
paliers, avait coûté une petite fortune : 1486 $. L'ascenseur voisin
date de 1942 et s'appelait à l'origine l'ascenseur Gosselin, du nom du
propriétaire du terrain. La ville a pris l'ascenseur à son compte à partir
de 1978.
Le plus invitant
On attendra jusqu'en 1980 avant de nommer un escalier du nom du grand Charles
Baillairgé. L'architecte et ingénieur ne perdait rien pour attendre.
L'escalier Charles-Baillairgé (7) (l'ancien escalier Buade) a été remarquablement
bien restauré sous l'administration Pelletier en s'inspirant des plans
de 1893 signés par l'architecte lui-même. Il s'emprunte par l'Impasse
du Chien d'Or, face au vieux bureau de poste, et conduit à la côte
de la Montagne. Outre son esthétique, il offre une vue imprenable sur
le parc Montmorency et sur le monumental escalier Frontenac, construit en 1978,
et qui permet un raccourci spectaculaire entre la terrasse Dufferin et la côte
de la Montagne. A noter que pas moins de quatre escaliers desservent cette artère
pentue originale si riche d'histoire.
Des escaliers et des hommes
On ne peut raconter ici la petite histoire de chacun des escaliers du centre-ville
de Québec. Ils sont trop nombreux. Ils mériteraient pourtant un
livre en couleur. Certains sont incontournables.
- L'escalier de la Chapelle (8) date de 1937. Il reliait le faubourg Saint-Jean-Baptiste
au quartier Saint-Roch et aux grands magasins de la rue Saint-Joseph, à partir
de la côte d'Abraham. Aujourd'hui, il traverse la coopérative Méduse
au niveau du sympathique café l'Abraham-Martin.
- L'escalier Badelard (9) longe la côte du même nom. Les gens du
quartier Saint-Jean-Baptiste disent aussi 'de la Négresse' pour désigner
la côte et l'escalier. Cela ferait référence à l'époque
où Québec était une ville de garnison. Les bordels étaient
nombreux dans le quartier, disent les historiens, et l'un d'entre eux était
tenu par une négresse flamboyante, dit-on.
- L'escalier Colbert (10) date de 1890. Il mène du milieu de la côte
Salaberry à la rue Colbert, derrière l'église Notre-Dame-de-Grâce, à Saint-Sauveur.
L'escalier a connu son heure de gloire au début des années 1970.
Une statue de la Sainte Vierge y faisait des miracles, selon les propriétaires
des lieux qui faisaient la quête. Des milliers de croyants, de partout
au Québec, y ont cru dur comme fer. Des foules en prière s'y sont
rassemblées durant presque tout un été. Au bas de l'escalier,
il reste la statue de la Vierge, la grotte,
toujours entretenue, et les vestiges d'un
temple marial qu'on voulait y construire.
L'escalier le plus à l'ouest est l'escalier Joffre, au pied de la rue
du même nom. Dans le secteur de la côte Belvédère,
deux petits escaliers en auraient long à dire : les escaliers de la Pente-Douce,
nommée ainsi en hommage à l'oeuvre de Roger Lemelin, et des Braves,
du nom de l'attachant parc qui rappelle la dernière victoire française à la
fin de la guerre de la Conquête. (à venir)
L'escalier des Franciscains , (11) qui permet de rejoindre les quartiers
populaires de la basse ville à partir de la rue de l'Alverne, en haut,
compte 177 marches de bois. Comme l'escalier Victoria , (12) son voisin,
il est conservé en bon état par la ville. Même chose pour
les escaliers Lavigueur (13) et des Glacis (14) . A noter que, l'hiver,
tous ces escaliers sont déneigés à la petite pelle.
A retenir aussi que les escaliers de Québec qui n'ont pas encore été baptisés
officiellement se trouvent tous dans le secteur de la terrasse Dufferin et de
la Promenade des Gouverneurs. Le fédéral a juridiction sur certains
escaliers de Québec.
Yves Beauregard croit que les escaliers de Québec ont un bel avenir devant
eux. Les gens à la retraite reviennent au centre-ville et veulent laisser
l'automobile au garage. Ils veulent pratiquer la marche en ville comme un sport.
Ils veulent faire leurs courses à pied. La trentaine d'escaliers de Québec
leur tendent les bras.
Le Soleil
Louis-Guy Lemieux, 7 novembre 2004. Reproduit avec autorisation
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Voici la tournée pédestre des
escaliers.

Escalier
Casse-Cou, coin rue Du Fort et Petit-Champlain (il
est actuellement fermé pour rénovation). 
Passage
du Roi, Place Royale . 
Quai-du-Roi
, entre rue Petit-Champlain et boul. Champlain.
L'escalier Lépine , près des Jardins Fleuris.
Escalier du Faubourg , côte d'Abraham.
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Escalier Charles-Baillairgé, près
du Bureau de Poste, rue Buade |

Escalier de la Chapelle , près de Méduse. |
Escalier
Badelard , dans la Côte de la Négresse. |

Escalier Colbert , Langelier Nord |

Escalier des Franciscains , coin Arago et St-Germain |

Escalier Victoria , près de la Côte
de l'Aqueduc |
Escalier Lavigueur , coin Arago et Alfred
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J'ai aussi trouvé une couple d'escaliers
(disons des marches)
qui n'ont pas encore été
homologués:
note: ça prend de bons yeux pour les trouver ! |

Escalier des Glacis , près des Jardins
Fleuris |
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<<< Ça,
c'est juste vis-à-vis
l'église St-Joseph, derrière une maison que je n'identifierai
pas pour le moment. Je crois qu'il va porter ses vidanges à la
haute ville.
Ça, c'est le début d'une longue échelle que se nommera Babel. >>> |
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